Aujourd'hui, à la Maison de la Chimie, Ségolène Royal a présenté sa contribution "Combattre et proposer" pour le prochain ps/" target="_blank" class="tag_auto">congrès du PS qui aura lieu en novembre.
Etat des lieux de cette contribution tant attendue.
Tout au long de sa contribution, Ségolène Royal évolue : elle passe du statut d'opposante, à la femme de gauche, à la socialiste qu'elle est, puis elle termine en analysant et en proposant des solutions sur les enjeux économiques, sociétaux, et politiques de la France.
1) Ségolène Royal, l'opposante.
Au début de sa contribution, la présidente du Poitou-Charentes dénonce La vraie nature du sarkozysme : "Il avait promis la rupture. La France subit une déchirure.". Pour elle, " la politique de Nicolas Sarkozy dévoie jusqu'à l'idée de changement, la transformant en stratégie d'écrasement des résistances sociales, de nivellement par le bas. C'est une stratégie brutale d'affrontement de classes et de division au sein même de chaque catégorie. C'est une politique archaïque masquée par les lunettes de la modernité branchée, un mélange inquiétant de Silvio Berlusconi et de Doc Gynéco, avec une montre de 50 000 euros au poignet. Et on s'en vante !
Il faut comprendre le caractère particulier, destructeur, implacable du sarkozysme. C'est un système de pouvoir très spécial, qui repose sur la concentration et la fusion des intérêts politiques, financiers et médiatiques d'une nouvelle aristocratie. Celle du nouveau capitalisme.[...]
La vraie nature du sarkozysme, c'est une droite dure, encore en campagne, déjà en campagne, toujours en campagne idéologique pour défaire la gauche sur tous les terrains."
Afin de combattre le pouvoir en place, Ségolène Royal évoque sa vision du capitalisme et de la mondialisation : "Soit elle constituera un progrès de civilisation. C'est possible. Soit elle sera porteuse de toujours plus de malheurs. C'est possible aussi. C'est de la volonté politique que cela dépendra. En particulier de la nôtre, à nous, les socialistes.
L'heure n'est plus aux diagnostics tièdes, aux appréciations timorées, mais à la lucidité radicale. Oui, il y a besoin de radicalité, car ce ne sont plus simplement les effets du système qu'il faut dénoncer, mais ses fondements et ses présupposés. Mettre l'économie au service de l'homme sans détruire les trésors de sa planète c'est-à-dire sans détruire le patrimoine de nos enfants, c'est cela le socialisme pour le XXIè siècle."
Afin, l'ancienne candidate à la présidentielle donne aussi sa vision de la gauche, et conclut par Une autre politique est possible, vite !
Pour la gauche, "En sommes-nous vraiment réduits à défendre les grandes conquêtes sociales d'hier, sans en proposer de nouvelles ? Le piège nous est tendu. Si nous y tombons, la droite pourra continuer à instruire le procès d'une gauche conservatrice.[...] Se contenter de défendre des acquis n'est plus protecteur. [...] Construisons un socialisme radical, offensif et pragmatique."
En ce qui concerne le point "Une autre politique est possible, vite !", L'enjeu de ce Congrès n'est pas de faire le programme de gouvernement de 2012. L'enjeu de ce Congrès, c'est d'abord que les socialistes soient capables de mener la bataille des idées et de convaincre, de persuader nos concitoyens qu'une autre politique est non seulement possible, mais qu'elle est indispensable.[...] Pour cela, deux "exigences" s'imposent selon Ségolène Royal, " un État providence moderne, qui prévient plutôt qu'il ne répare, capable d'accompagner les individus dans tous les moments de leur vie. Une révolution démocratique pour dépasser les paralysies de la société française, la reconstitution des oligarchies, l'incapacité où nous avons été de réduire les inégalités et de moderniser la France.C'est le projet de la VIè République, la République des citoyens, démocratique, sociale et laïque."
2) Sa vision de la gauche et du socialisme.
Ici, Ségolène royal défend le concept de démocratie participative, elle aborde le thème des alliance et évoque sa vision du PS.
Pour elle, le PS est Un grand parti porteur d'espoir"mais pour cele le PS doit s'ouvrir sur la société, et mettre en oeuvre le concept de démocratie participative. "Sa force tient à sa capacité à s'ouvrir en permanence sur l'extérieur."
En outre, la présidente de Poitou-charentes appelle à de "nouvelles formes de militantisme" et "au respect des militants". Dans ces points, elle évoque un élargissement de la base militante du PS, élargissement qui s'accompagnera d'une modernisation de ce parti " en offrant "des opportunités d'engagement aux militants au-delà des campagnes d'information ou électorales en liaison avec des associations humanitaires. Il doit redonner vigueur et importance à la formation et à la culture politique. Dans chaque département, ou au moins chaque région, une Université socialiste de la connaissance sera mise sur pied."
Mais surtout, Ségolène Royal se montre particulièrement incisive sur les questions de discipline interne au PS. "Dès lors qu'il y a eu débat et vote, il faut en être solidaire mais si ce n'est pas le cas, la démission de ses responsabilités dans ces instances doit devenir la règle. [...]La République du respect commence ici, chez nous et maintenant."
Enfin, l'ancienne candidate à la présidentielle aborde le thème des alliances : elle pose deux principes.
Premier principe : nous voulons, comme tous les socialistes, un parti socialiste puissant, plus puissant qu'aujourd'hui, La moyenne électorale du PS, ces 15 dernières années se situe entre 20 et 25 % des suffrages exprimés, sauf exception. Nous pensons que le Parti socialiste peut et doit faire mieux en se fixant comme objectif ambitieux de dépasser les 30 %, comme François Mitterrand nous en a montré la possibilité en 1986 et 1988 [...]
Deuxième principe : nous conserverons bien sûr la stratégie d'alliance née à Epinay. Elle consiste d'abord à rassembler la gauche, toute la gauche. C'est à partir de cette stratégie que nous ferons appel, lors des élections, à ceux qui se reconnaîtront dans notre projet et dans ce rassemblement de la gauche ouvert à tous ceux qui veulent offrir à la France des perspectives nouvelles.
3) Sa vision de la France
5 idées phares sont développées : "Mettre l'économie au service de l'humain", "Bâtir un état préventif qui attaque les inégalités à la racine", "Repenser sans tabou la Sécurité sociale pour la sauver", "Reconnaître la France métissée comme une chance" et "Oser la démocratie jusqu'au bout".
Pour "Mettre l'économie au service de l'humain", Ségolène Royal propose 5 axes d'actions. Rééquilibrer le rapport de force entre le capital et le travail grâce à des syndicats plus forts, Agir vraiment contre la vie chère, Faire enfin la révolution fiscale, l'innovation des PME, Un nouveau regard sur l'immigration.
Il est à retenir que Ségolène Royal souhaite un renforcement des syndicats en France, "révolutionner la fiscalité" - en fusionnant impôt sur le revenu et CSG, en généralisant le prélèvement à la source, en supprimant "l'essentiel des niches fiscales (73milliards d'euros)" et en prélevant les cotisations patronales maladie et famille sur la valeur ajoutée et non sur la masse salariale- un développement des PME en mettant en place des aides conditionnées "Il faut poser en principe le caractère récupérable des aides publiques lorsque, finalement, les entreprises licencient ou délocalisent., développer "un bon système d'immigration légale"
Pour "Bâtir un État préventif qui attaque les inégalités à la racine", Ségolène Royal compte s'appuyer sur l'éducation avec deux principes phares "augmenter sensiblement l'investissement public mais avec des contreparties en matière de gouvernance et d'évaluation ; doter l'individu de moyens et de capacités accrues dans ses choix académiques et professionnels. "
En outre, la présidente de Poitou-Charentes, compte " redonner à chaque travailleur les moyens de prendre en main son parcours professionnel, avec l'aide d'un service public qui l'accompagne tout au long de sa vie".
Afin, l'ancienne candidate à la présidentielle aborde le thème de l'après-pétrôle et la lutte contre la violence "La gauche doit enfin, une bonne fois pour toutes, assumer, revendiquer, porter le combat contre la violence et pour la sécurité. C'est un combat contre la brutalité des rapports humains, contre la loi de la jungle et le droit du plus fort. Il n'est pas dissociable de notre projet éducatif et social."
Pour "Repenser sans tabou la sécurité sociale pour la sauver", Ségolène Royal propose que chacun devienne l'acteur de sa santé "La responsabilité doit être au c½ur du pacte que les socialistes noueront avec les Français et les professions médicales. Le système de santé est un bien commun : il appartient donc à chacun de le préserver et à l'État de contrôler la bonne utilisation de l'argent."
Par ailleurs, elle souhaite "Bâtir un système de retraite transparent, universel et personnalisé" : l'une de ses propositions consiste à réformer les retraites en instaurant un système par points dans lequel les salariés accumulent les cotisations tout au long de leur vie et connaissent en permanence le montant de la pension à laquelle ils ont droit. Les cotisations seraient aussi calculées en fonction de l'espérance de vie de chacun à la retraite et de la pénibilité des carrières.
Pour "Reconnaître la France métissée comme une chance", Ségolène Royal confirme deux idées : la mise en place d'une cérémonie républicaine pour tous les jeunes, quelle que soit leur origine pour le passage à la majorité à 18 ans, l'âge du droit de vote, et la mise en place un service national civil obligatoire pour tous les jeunes entre 16 et 25 ans.
En outre, la leader socialiste revient sur le principe de la laïcité, principe qu'elle défend et qu'elle perçoit comme "C'est un corps de valeurs et une morale publique, une conception de la nation et de la citoyenneté, une exigence de justice et d'émancipation."
Enfin, pour "Oser enfin la démocratie « jusqu'au bout », elle préconise un renforcement de la décentralisation, une modernisation du Parlement (mandat unique, dose de proportionnelle, expertise des citoyens rassemblés en commission...). Mais surtout, Ségolène Royal préconise "la fusion du Sénat et du Conseil économique et social, comme le proposait Pierre Mendès France dès les années 1960, combinée à l'obligation de sa saisine préalable sur les projets de loi qui modifient le droit social". "Les sénateurs, poursuit le texte, seront élus autrement en tenant compte de l'importance des populations et par un collège électoral vraiment représentatif des collectivités territoriales".
Au niveau de l'Europe, pour permettre l'émergence d'une véritable Europe démocratique, Ségolène Royal propose de "créer un débat sur l'avenir de l'Europe par la voie d'un véritable referendum européen, s'adressant directement aux peuples des 27 États-membres", et de "Changer le mode de scrutin des élections européennes, avec des circonscriptions européennes et un vote pour les partis européens (PSE/PPE...)."