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Service minimum: François Hollande dénonce "une provocation et une manoeuvre politique" de Nicolas Sarkozy

Le Premier secrétaire du PS François Hollande a fustigé vendredi "une provocation" et "une manoeuvre politique" de Nicolas Sarkozy dans l'instauration d'un service minimum d'accueil à l'école, une mesure qu'il juge "inconstitutionnelle".

"Nicolas Sarkozy n'est pas là pour améliorer le service public, mais il est là pour chercher, dans un moment difficile pour lui dans sondage sa propre majorité, un moyen de retrouver le contact", a-t-il analysé sur France-Info. "C'est de la pire des manières qu'il s'y prend, c'est d'opposer les Français entre eux, les parents d'un côté les enseignants de l'autre alors qu'il y a des intérêts communs".

Cette mesure "est une maladresse et une provocation", mais elle "sera impraticable et même inconstitutionnelle", a avancé François Hollande. "Demander à des communes d'organiser à la place de l'Etat un service d'accueil: comment vont-elles pouvoir le faire?".

Quant à l'argument inconstitutionnel, le Premier secrétaire du PS a souligné que "les collectivités locales dans la Constitution s'administrent librement: c'est une mise en cause d'une liberté donnée à chaque commune d'organiser son service d'accueil aux enfants".

"Je pense que c'est un argument fort, parce que c'est un principe fondamental du droit des collectivités locales", a martelé le député-maire de Tulle (Corrèze). "Il y a une manoeuvre politique, un annonce qui est supposée apaiser, qui va en fait durcir et provoquer: cette mesure n'organise pas un service qui peut être accepté par les collectivités locales et qui sera donc regardé comme inconstitutionnel".

Accueil à l'école: Hollande dénonce un texte "inconstitutionnel"

François Hollande dénonce la "maladresse" et la "provocation" de Nicolas Sarkozy sur le service minimum d'accueil dans les écoles, assurant qu'un tel texte serait inconstitutionnel.

Invité sur France info, le Premier secrétaire du Parti socialiste a estimé que le chef de l'Etat cherchait le soutien d'une partie de l'opinion pour faire oublier ses difficultés.

"Il n'est pas là pour améliorer le service public, il est là pour chercher dans un moment difficile pour lui, dans les sondages, dans sa propre majorité, un moyen de retrouver le contact", a-t-il sur France info.

"C'est de la pire des manières qu'il s'y prend, parce que c'est en fait opposer les Français entre eux, mettre les parents d'un côté, les enseignants de l'autre", a-t-il ajouté.

Pour François Hollande, une telle loi serait impraticable, comme l'a démontré, selon lui, la journée de grève de jeudi où seules 3.000 communes sur 36.000 ont réussi à mettre en oeuvre un service d'accueil dans les écoles.

Il a également insisté sur le caractère inconstitutionnel, selon lui, de ce projet.

"Les collectivités locales, dans la Constitution, il est dit qu'elles s'administrent librement. C'est une mise en cause d'une liberté qui est donnée à chaque commune d'organiser son service d'accueil aux enfants", a-t-il expliqué.

Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi son intention d'imposer un service minimum d'accueil obligatoire en cas de grève dans l'Education nationale, au soir d'une journée d'arrêts de travail dans la fonction publique.

Cette annonce a suscité de vives réactions des organisations syndicales et de responsables de gauche, qui y voient une atteinte au droit de grève.

Service minimum: Jack Lang dénonce "la raison politicienne"

L'ancien ministre socialiste de l'Education Jack Lang a dénoncé vendredi "la raison politicienne" de l'annonce de Nicolas Sarkozy d'instaurer un service minimum d'accueil à l'école, qui s'inscrit dans "une politique de mépris".

"Malgré les apparences, c'est indirectement la tentative de mettre en cause du droit de grève et surtout c'est poser le problème à l'envers", a jugé Jack Lang sur France-Inter. "On voit bien la raison politicienne qui anime cette annonce: il s'agit aujourd'hui par rapport à la majorité déchirée hésitante de se marquer très très à droite".

L'ancien ministre socialiste de l'Education a souligné qu'"il n'y aurait pas de grève si la politique menée n'était pas une politique de mépris mais fondée sur le respect". "Le premier coupable de ces mouvements de grève, ce ne sont pas les professeurs, c'est le gouvernement sourd et méprisant qui tape contre l'école et les maîtres".

"Aujourd'hui se profile dans toutes les annonces Darcos un projet d'une école low cost", a lancé le député socialiste du Pas-de-Calais.

D'autre part, Jack Lang a également jugé que le service minimum d'accueil pourrait être inconstitutionnel, en rapport avec "le respect du droit de grève et la libre administration des collectivités territoriales". "Il n'est pas certain que le projet puisse aller à son terme".

Le président du groupe PS à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault estime que "le président de la République n'est pas à la hauteur de l'enjeu: la mise en place d'un système éducatif performant", dénonçant "une provocation" pour les enseignants.

Dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France", le maire de Nantes note d'autre part que "les communes font déjà beaucoup pour l'éducation", et "on a l'habitude de ce genre de promesses" que l'Etat financerait le service minimum d'accueil.

"Quand on fait le compte, l'équilibre n'est jamais atteint. Avec les collectivités locales, on dialogue mais on ne s'impose pas", prévient-il.

Accueil dans les écoles en grève: Sarkozy annonce un projet de loi avant l'été

Un projet de loi instaurant un "droit à l'accueil" dans le primaire en cas de grève et une déclaration préalable des enseignants grévistes sera déposé "avant l'été", a annoncé jeudi Nicolas Sarkozy au soir d'un mouvement national dans la fonction publique, et notamment l'éducation.

"J'ai demandé au gouvernement de déposer avant l'été un projet de loi qui instituera un droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles", a dit le président de la République dans une déclaration à la presse retransmise en direct et annoncée seulement deux heures avant.

Au soir d'une journée de grève et de manifestations bien suivie dans la l'éducation, il a précisé: "le projet que je demande au gouvernement prévoira qu'en cas de grève, les professeurs grévistes se feront connaître 48 heures à l'avance".

"Le projet prévoira également que les communes devront proposer des solutions d'accueil", a encore assuré le président, en expliquant que "la charge financière (de cet accueil) sera assurée par l'Etat".

"C'est l'Etat, en charge du service public d'Education nationale qui assurera le remboursement des frais engagés par les communes qui devront assurer un service d'accueil les jours de grève", a-t-il analysé.

M. Sarkozy a souhaité que, "même en cas de grève, les enfants soient accueillis dans les écoles et que les parents qui le souhaitent puissent exercer leur droit légitime au travail".

"Je respecte le droit de grève, c'est une liberté fondamentale et garantie par la Constitution (...), le droit au travail, pour les familles qui n'ont les moyens de faire garder leurs enfants les jours de grève, ce droit aussi doit être garanti", a-t-il estimé.

Evoquant le service minimum d'accueil (SMA) expérimenté jeudi pour la deuxième fois par le gouvernement, Nicolas Sarkozy a estimé devant la presse, à l'issue de sa déclaration, qu'il ne pouvait pas reposer "sur le bon vouloir des maires dans les communes".

Ce SMA consiste à rémunérer des agents municipaux pour qu'ils gardent les enfants les jours de grève, grâce aux retenues sur les salaires des grévistes.

2.837 des 22.500 communes accueillant au moins une école ont signé des conventions pour organiser ce dispositif, qui se heurte à l'opposition des syndicats, ainsi que de nombreux élus de gauche, mais pas seulement.

Le soir du 24 janvier, première journée d'expérimentation du SMA, M. Darcos avait annoncé qu'il allait chercher un "accord" avec les organisations syndicales sur le service minimum à l'école, et prévenu que, sans accord "dans les deux mois", il passerait "par la loi".

Selon les syndicats, aucune discussion n'a été engagée depuis.

Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi soir que la décision de présenter un projet de loi sur le droit à l'accueil avait été prise "ce matin (jeudi) avec le Premier ministre".

Selon un membre du gouvernement, lors du conseil des ministres mercredi, le président avait rendu hommage à le fermeté de Xavier Darcos sur cette question. "C'est très bien d'avoir lancé le débat sur le service minimum. Ce débat a permis de faire passer au second plan la grève en elle-même. C'est ça faire de la politique !", avait-il lancé en substance.

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# Posté le vendredi 16 mai 2008 14:23
Modifié le vendredi 16 mai 2008 14:38

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